Toilette seche 1

4 alternatives écologiques aux toilettes ordinaires et aux toilettes sèches (eau grise, compostage, solaire, évaporation, séparation d’urine)

La catastrophe des toilettes

Toilettes ordinaires (à chasse d’eau) : le grand gaspillage

On connait toutes et tous les toilettes ordinaires, standard hérité du XXè siècle : elles consistent à uriner et déféquer dans de l’eau potable, chlorée, traitée, acheminée à grand frais par de complexes réseaux d’assainissement. Elles occasionnent un gaspillage écologique monumental puisqu’elles contribuent à polluer inutilement des milliards de litres d’eau traitée chaque année, tout en perdant les bénéfices potentiels de l’urine et des excréments.

Elles ont néanmoins quelques avantages :

  • il est facile de les maintenir propres, ou même étincelantes avec des étoiles dans les yeux et des odeurs de lavande ou de sapin (c’est vrai que sinon ça a un peu tendance à sentir la merde et la pisse)
  • il est non moins facile de tirer la chasse et de tout oublier en 3 secondes

Toilette ordinaire a chasse deau 1

Toilettes sèches

Les toilettes sèches sont la première grande alternative aux toilettes à eau, qui ait été connue du grand public. Elles consistent à faire ses besoins dans un récipient, et à les recouvrir avec des matériaux naturels et absorbants, comme de la sciure, du broyat. Il faut vider et nettoyer régulièrement ces récipients, tâche pas forcément ragoûtante.

Il faut aussi disposer d’un espace adapter pour y placer les déjections et les laisser revenir à la nature ; or un jardin de type pavillonnaire ne s’y prête pas (les animaux sauvages, domestiques ou errants se chargeraient d’en faire rapidement un dépotoir, et les voisins y verraient souvent à redire) ; et en appartement, n’y pensez même pas puisque vous n’avez tout simplement nulle part où déposer la production hebdomadaire.

Heureusement, il existe d’autres alternatives, pour créer des toilettes plus ou moins écologiques, en fonction des circonstances.

Toilette seche

Les toilettes alternatives

Voici quelques alternatives écologiques qui permettent de se passer des toilettes ordinaires et des toilettes sèches.

Toilettes à eau grise

Dans de nombreuses situations, ce sera sans doute la plus simple, car elle ne nécessite que quelques éléments supplémentaires.

Ces WC vont simplement utiliser les eaux usées provenant des douches, des lavabos et de la cuisine pour la chasse d’eau, au lieu de salir de l’eau buvable ; elles contribuent par là même à réduire la consommation d’eau potable (donc la facture individuelle) tout comme la demande en eau exercée sur les systèmes d’assainissement (donc la facture collective).

Une bricoleuse ou un bricoleur même de niveau moyen peut réussir à convertir ses toilettes actuelles en toilettes à eau grise. Il suffira :

  • d’envoyer grâce à une pompe l’eau de la douche ou du lavabo à une cuve de stockage, elle-même équipée d’un trop-plein renvoyant vers le tout à l’égout ou l’évacuation sanitaire ordinaire
  • de brancher l’entrée du bac à eau des toilettes à cette cuve – idéalement la cuve sera haute ou placée en hauteur pour que l’eau n’ait qu’à s’écouler par gravité

Des lors, on tirera la chasse avec de l’eau impropre à la consommation. Si on tient à la netteté de ses toilettes, on pourra placer un système de filtration à l’entrée de la cuve de stockage.

Toilette a eau grise 1

Toilettes à compostage ou lombricompostage

Dans la lignée des toilettes sèches, les toilettes à compostage poussent plus loin le principe de la décomposition des matières fécales, en favorisant les conditions de transformation et en gérant les problèmes :

  • la chaleur permet à la fois de déshydrater le stock fécal pour en réduire la taille, et d’activer la prolifération bactérienne et fongique
  • l’humidité peut être évacuée ou recyclée grâce à des filtres à eau
  • la ventilation permet d’évacuer toute odeur

Utilisant des vers pour accélérer la décomposition des matières fécales, les toilettes à lombricompostage produisent un compost riche et sans odeur, bon pour le jardin. C’est une solution écologique qui réduit également la quantité de déchets.

Ce type de système est particulièrement adapté aux habitats privés d’accès à l’assainissement traditionnel ou pour ceux qui souhaitent réduire leur impact environnemental.

Toilette a compostage

Toilettes à séparation d’urine

Ce type de toilettes représente une autre forme de toilettes sèches. Ces toilettes séparent l’urine des matières fécales.

L’urine, qui a l’avantage d’être stérile (sauf en cas de maladie), peut être utilisée comme engrais : il suffit de la stocker quelques semaines dans un bidon : elle fermente et devient riche en azote, donc très utile comme fertilisant pour plantes.

Les matières fécales peuvent être traitées séparément, en mode toilettes sèches ou en mode WC à eau ordinaire.

Cette séparation réduit le volume d’eau dépensée.

Toilettes solaires, toilettes à évaporation et incinération

Dans des situations plus rares (difficilement praticable en appartement), les toilettes solaires et autres toilettes à évaporation et à combustion, traitent la fécalité humaine non plus par l’eau mais par le feu.

Sur le même principe qu’un four solaire, les toilettes solaires concentrent l’énergie du soleil pour traiter les déchets par dessiccation. C’est une option viable pour les régions ensoleillées, qui peut réduire considérablement la consommation d’eau.

L’exposition des déchets à la chaleur provoque l’évaporation de l’humidité : celle-ci peut-être récupérée et servir à l’arrosage des plantes.

En poussant les choses un cran plus loin, les toilettes à incinération brûlent les déchets à haute température, les réduisant en cendres. Ces toilettes qui ne nécessitent pas du tout d’eau peuvent être une alternative là où l’évacuation des déchets est problématique : dans un pavillon avec jardin, c’est idéal. Ces cendres n’ont pas d’odeur, n’attirent aucun animal ni insecte.

Toilette solaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut