Recuperation eaux de pluie

Les solutions de récupération des eaux de pluie et de potabilisation (collecteurs, cuves, filtres…)

Le changement climatique cause, en Europe, en France, des sécheresses de plus en plus fréquente et durables, et par conséquent des pénuries d’eau qui inquiètent la population et certaines professions qui dépendent largement de la ressource en eau, comme les agriculteurs mais aussi certaines secteurs industriels.

Autrefois réservée aux zones rurales, la récupération et l’utilisation de l’eau de pluie suscitent un intérêt croissant, à la campagne comme en ville.

L’eau est très vulnérable à la variation climatique, et est étroitement liée aux conditions climatologiques, à la température, et aussi aux conditions d‘occupation et d’usages du sol et des pratiques de gestion de l‘eau.

Le présent article fait la lumière sur les méthodes et technologies disponibles pour la collecte, le stockage et la potabilisation des eaux de pluie en mettant en avant leur potentiel à l’ère de la transition écologique.

La collecte et le stockage des eaux de pluie: un pas vers l’indépendance des ressources en eau

Collecteur eaux pluviales en acier
Collecteur eaux pluviales en acier

La toute première étape pour disposer d’une réserve d’eau est la collecte des eaux de pluie qui coulent des surfaces imperméables, en particuliers les toits, mais aussi dans certains cas les murs.

Il est également possible de récupérer l’eau de pluie à partir de toitures végétales, sauf que les rendements restent faibles et l’eau de moins bonne qualité car davantage chargée en débris organiques. Une toiture vétuste peut également fortement réduire le rendement du dispositif.

La collecte des eaux de pluie nécessite des dispositifs efficaces tels que des gouttières et des descentes pluviales, conçus pour canaliser l’eau de manière optimale.

Les matériaux utilisés pour les surfaces de collecte jouent un rôle crucial dans la qualité de l’eau récupérée. Ainsi, des toitures en matériaux inertes, sans substances toxiques, sont préférables pour garantir une eau de meilleure qualité.

Une fois captée, l’eau de pluie est acheminée vers des systèmes de stockage. Ces réservoirs, variés en termes de matériaux (béton, plastique, acier) et de capacité, sont choisis en fonction des besoins et des contraintes du site. Leur conception doit non seulement prévenir la prolifération d’algues et la contamination par des animaux, mais aussi résister aux conditions climatiques extrêmes. Les systèmes de stockage souterrains offrent l’avantage de préserver l’eau à une température stable, réduisant ainsi les risques de prolifération bactérienne.

Collecteurs de gouttières

Collecteur de gouttières
Collecteur de gouttières

Les collecteurs de gouttières capturent l’eau qui coule des toits et la dirigent vers des systèmes de stockage.

Afin de collecter l’eau de plusieurs gouttières, d’autres matériels sont requis :

  • des tuyaux de raccordement
  • et une cuve de stockage

Si vous souhaitez collecter de l’eau de pluie sur plusieurs descentes de gouttières, il vous faudra installer un collecteur de gouttière par descente.

Ces dispositifs permettent de filtrer les déchets et de diriger l’eau de pluie vers l’emplacement de stockage.

Assurez-vous de les installer à une hauteur appropriée. Le collecteur doit être positionné minimum à 20 centimètres plus haut que le collecteur d’eau afin que la gravité opère et que l’eau de vos descentes soit bien orientée vers la citerne via le tuyau.

Vous devrez par ailleurs tenir compte de la pente du terrain de votre maison ainsi que de la distance jusqu’à la cuve de stockage.

Cuves de stockage

Les cuves ou citernes de stockage sont des récipients dont le but principal est de stocker de l’eau.

Elles représentent la  meilleure solution pour les installations domestiques dans des endroits où l’approvisionnement en eau est souvent interrompu ou rare.

Voici un tableau qui récapitule les différents types de cuve de stockage d’eau, leurs caractéristiques, leurs avantages et leurs inconvénients :

Type de cuve/citerneCaractéristiquesAvantagesInconvénients
Cuve en plastique
  • Légère et facile à installer
  • Disponible dans une variété de tailles et de formes
  • Ne rouille pas ni ne corrode
  • Coût relativement bas
  • Facilité d’entretien
  • Résistante aux dommages causés par les rayons UV
  • Moins durable que certains autres matériaux
  • Risque de déformation sous pression
  • Peut nécessiter un renforcement pour les grandes capacités
Citerne en béton
  • Extrêmement durable et solide
  • Peut être enterrée pour économiser de l’espace
  • Capacité de stockage élevée
  • Longue durée de vie
  • Résistant aux dommages physiques
  • Isolation thermique naturelle
  • Coût initial élevé
  • Besoin de compétences spécialisées pour l’installation
  • Risque de fissuration en cas de mouvement du sol
Citerne en acier galvanisé
  • Robuste et résistante à la corrosion
  • Peut être installée à l’intérieur ou à l’extérieur
  • Capacité de stockage élevée
  • Durabilité
  • Facilité de transport et d’installation
  • Peut être recyclée à la fin de sa vie utile
  • Risque de rouille si non protégée
  • Nécessite un revêtement pour éviter la corrosion
  • Coût initial plus élevé que les cuves en plastique
Citerne en fibre de verre
  • Légère et résistante
  • Ne rouille pas ni ne corrode
  • Peut être fabriquée sur mesure pour s’adapter à l’espace disponible
  • Durabilité
  • Résistance aux produits chimiques
  • Longue durée de vie
  • Coût initial plus élevé que les cuves en plastique
  • Risque de décoloration sous l’exposition au soleil
  • Fragile et peut se fissurer sous un impact violent

Systèmes de premières pluies

Un système des premières pluies est un mécanisme qui permet d’empêcher l’entrée de déchets dans les réservoirs.

Il permet en effet de déconnecter le réservoir des gouttières, lors des premières pluies et ainsi de nettoyer la toiture avant de recueillir l’eau.

Il est en général très simple d’utilisation : il suffit d’attendre la fin de la première forte pluie pour raccorder le réservoir aux gouttières.

Toit vert / toiture végétalisée

Toiture végétalisée (toit vert)
Toiture végétalisée (toit vert)

Les toits verts, aussi appelés toits végétaux ou toitures végétalisées, sont des systèmes où une couche de végétation est cultivée sur le toit d’un bâtiment.

Un toit végétal se compose d’une membrane étanche, d’une couche de drainage, d’un substrat de croissance et de plantes.

La végétation peut intégrer différentes plantes, comme des herbes, des plantes succulentes ou des petites plantes arbustives.

Un toit vert absorbe près de 80 % de l’eau de pluie grâce à l’effet tampon qu’offrent les couches végétales. L’eau emmagasinée va ensuite s’écouler doucement par le système de drainage,  être absorbée par les plantes ou s’évaporer. Elle présente néanmoins l’inconvénient de se charger en élément organiques, macro-débris ou micro-organismes.

Avantages pour la récupération et la filtration des eaux de pluie :

  • Filtration naturelle : les différentes couches du toit vert agissent comme un filtre naturel, qui retient les contaminants et les impuretés présents dans l’eau de pluie.
  • Amélioration de la qualité de l’eau : la filtration naturelle effectuée par les couches du toit vert contribue à améliorer la qualité de l’eau récupérée, la rendant plus propre et plus adaptée à un usage ultérieur, comme l’irrigation des plantes ou le lavage.
  • Durabilité environnementale : les toits végétalisés favorisent la biodiversité en offrant un habitat pour les insectes, les oiseaux et d’autres organismes. Ils contribuent également à réduire l’empreinte carbone en absorbant le CO2 et en régulant la température ambiante.

Inconvénients :

  • Coût initial : la mise en place d’une toiture végétalisée peut représenter un investissement initial significatif en raison des matériaux et de la main-d’œuvre nécessaires.
  • Entretien requis : un entretien régulier est nécessaire pour assurer la santé et la vigueur des plantes sur le toit vert, ce qui peut nécessiter du temps et des ressources.
  • Poids supplémentaire : un toit vert ajoutera un poids supplémentaire à la structure du bâtiment, ce qui peut nécessiter des ajustements ou des renforcements structurels.
  • Limitations de conception : tous les bâtiments ne sont pas adaptés à l’installation d’un toit vert en raison de contraintes structurelles ou de conditions environnementales spécifiques.

Pavés perméables

Pavés perméables
Pavés perméables

Un système de pavés perméables joue un rôle contre les inondations en assurant une récupération à grande capacité de l’eau de pluie sur des surfaces comme les terrasses devant les bâtiments, un patio ou une cour intérieure, une allée de jardin, etc.

Les pavés perméables permettent ainsi à l’eau de pluie de s’infiltrer dans le sol par l’intermédiaire d’une couche filtrante, puis d’être interceptée par des drains perforés connectés à un réseau de drainage, qui la conduit jusqu’à une cuve de stockage.

Potabilisation de l’eau de pluie: un préalable pour assurer la qualité de l’eau

Comment rendre l’eau de pluie potable à l’usage ?

Sans nul doute, c’est cette question que beaucoup se posent après avoir récupéré l’eau de pluie.

Sur son trajet, l’eau de pluie ramasse divers corps nuisibles à l’organisme humain (parasites, virus, poussières, déchets, etc). En revanche, la filtration et le traitement de l’eau vont permettre de la rendre utilisable pour quasiment tout.

Pour rendre l’eau propre et buvable ou utilisable dans des usages domestiques liés au corps (vaisselle, douche…), il existe plusieurs méthodes dont :

La filtration

Les filtres à eaux de pluie permettent de débarrasser l’eau des déchets visibles à l’œil nu.

A cet effet, la première étape se trouve sur la toiture. Facile, cette méthode de filtration consiste à placer une petite grille en haut de chaque descente de gouttière et/ou sur toute la longueur des chéneaux (les chéneaux sont les conduits horizontaux qui longent la toiture, et mènent aux gouttières verticales). Cette grille empêche les gros déchets – feuilles mortes, des branches et autres débris qui tombent sur le toit – d’aller encombrer ou boucher ou polluer le dispositif de collecte des eaux. Il faut bien sûr les vider régulièrement… alors que l’accès peut s’avérer compliqué.

Si vous avez une cuve aérienne, une colonne, une amphore ou encore un gros réservoir cubique, la filtration à partir du bas de gouttière ne sera pas possible. Dans ce cas, il faut filtrer directement dans le cylindre.

Au cas où l’accès à la toiture est impossible, il faut mettre en place en bas de la gouttière un regard ouvert avec un filtre intégré. Ce dernier, avec de petits galets à l’intérieur, permettra de filtrer mécaniquement les eaux pluviales et de récupérer ainsi le feuillage en bas de la descente. Une fois que l’eau arrive dans ce réservoir, il est nécessaire de mettre un filtre qui peut être différent en fonction de la qualité désirée.

Filtres à charbon actif

Filtre a charbon
Filtre à charbon actif

Le filtre à charbon actif  est connu particulièrement pour sa capacité de purification de toutes sortes d’eaux, qu’elles contiennent du dioxyde de chlore, du chlore libre ou encore d’autres substances chimiques. Il permet d’obtenir une eau propre, potable et sans danger pour la santé.

Les filtres à charbon actif sont aussi efficaces pour éliminer les odeurs et le mauvais goût de l’eau. De même, ils absorbent la couleur de l’eau, qui s’en trouve améliorée.  Le principe d’adsorption du charbon actif est idéal pour éliminer toutes sortes de matières organiques, incluant la majorité des solvants et des pesticides. Le résultat dépend ainsi du choix du charbon actif ainsi que de son dimensionnement.

L’efficacité des filtres à charbon actif dépend du débit et de la température de l’eau ; la plupart des petits filtres à charbon actif doivent être utilisés avec une faible pression et de l’eau froide.

Désinfection UV

Desinfection deau de pluie par UV
Désinfection d’eau de pluie par UV

Pour désinfecter l’eau destinée à la consommation humaine, la lumière ultraviolette pour tuer les bactéries et les virus est une méthode efficace.

La désinfection UV permet d’avoir l’assurance de boire une eau débarrassée des micro-organismes pathogènes ou dangereux pour l’organisme. Il est indispensable si l’eau est à utiliser en rapport avec le corps humain : douche et bain, vaisselle, soins, ménage, etc.

L’utilisation d’un stérilisateur d’eau UV purifie avec assurance toute l’eau qui entre dans votre domicile. Ces appareils couvrent une large gamme, ils peuvent être un peu difficiles à installer et nécessiter quelques modifications du système d’eau existant de votre maison, mais ils peuvent faire toute la différence si l’eau potable est votre objectif.

Il faut toujours préalablement traiter l’eau pour qu’elle soit déjà assez propre, claire et sans sédiments, pour que les systèmes ultraviolets de ces appareils marchent correctement. Ils exigent également un entretien annuel ou bi-annuel. Ce sont là, des efforts à consentir pour avoir l’esprit apaisé quand il s’agit de votre eau.

La chloration

L’ajout de chlore pour désinfecter l’eau est un moyen simple et efficace qui complète la filtration.

En effet, la chloration n’est efficace que sur une eau claire. Si l’eau n’est pas transparente, si des déchets visibles à l’œil nu sont présents, la chloration sera beaucoup moins efficace.

Les produits de la famille du chlore les plus habituels dans la désinfection de l’eau sont :

  • le chlore gazeux
  • l’hypochlorite de sodium
  • l’hypochlorite de calcium
  • l’eau de javel.

Elle consiste à introduire ces produits dans l’eau pour tuer les micro-organismes qu’elle contient. Après un temps d’action (30 minutes environ), l’eau est normalement potable. Elle le reste pendant quelques heures ou jours (selon les conditions de stockage) grâce à l’effet rémanent du chlore.

Le chlore (Cl2) en lui-même est un composé chimique gazeux et toxique, plus dense que l’air, d’une couleur verte jaunâtre. C’ est un produit très oxydant qui réagit avec beaucoup d’autres composés. En présence d’humidité, il devient extrêmement corrosif. Sa vapeur est irritante par inhalation, et elle peut causer des graves blessures dans le cas d’une exposition à des concentrations élevées. Par conséquent, la méthode de potabilisation de l’eau avec du chlore doit être utilisée par une personne avertie et  avec des mesures de contrôle et d’alerte très efficaces. Pour  cela, il est préférable d’utiliser des hypochlorites en solution ou sous forme solide.

Si efficace qu’elle soit, la chloration présente des désavantages liés notamment au fait que le chlore réagit avec beaucoup de matière organique. Cette réaction produit des trihalométhanes (THM: un groupe de substances chimiques qui peuvent contaminer l’eau potable), dont beaucoup d’entre eux sont toxiques ou même cancérigènes.

Un autre inconvénient est la production de chlorophénols dans les eaux qui renferment des phénols, ce qui donnerait lieu à de mauvaises odeurs.

Ébullition

En tant que méthode d’épuration de l’eau, l’amener à 100°C (son point d’ébullition), est la méthode la plus ancienne et la plus efficace pour obtenir une eau propre pour la consommation domestique.

L’ébullition n’affecte ni le goût, ni la qualité de l’eau, mais rend inoffensifs les particules et microbes responsables des maladies intestinales.

Dans les endroits pourvus d’un système de purification de l’eau approprié, il est recommandé d’utiliser la technique d’ébullition uniquement comme méthode de traitement d’urgence ou pour obtenir de l’eau potable, dans les zones arides ou rurales, car elle ne peut pas éliminer les toxines chimiques ou les impuretés.

Le conseil traditionnel de faire bouillir de l’eau pendant dix minutes est principalement destiné à renforcer la sécurité. En effet, la virulence des microbes commence à s’atténuer à des températures supérieures à 60 °C, et le simple fait de porter l’eau à son point d’ébullition, visible à l’œil nu, suffit à tuer la plupart des micro-organismes.

Distillation

La distillation est un processus de vaporisation et de condensation pour éliminer les impuretés. Dans le processus de distillation, l’eau bout jusqu’à atteindre son point d’ébullition qui est de 100°C. Ensuite elle s’évapore et passe par un condensateur qui transforme à nouveau la vapeur en eau liquide utilisable car débarrassée de ses impuretés qui, elles n’ont pas pu s’évaporer.

La distillation est utilisée pour obtenir une eau pure à partir d’une eau chargée d’impuretés non volatiles. C’est un mécanisme réversible, c’est à dire que la matière peut-être ramenée à l’état original à travers ce processus.

Osmose inverse

Contrairement à l’osmose (qui est un processus naturel dans lequel une solution saline plus faible a tendance à passer à une solution saline forte), l’osmose inverse est un processus qui consiste à déminéraliser ou à déioniser l’eau en la mettant sous pression à travers une membrane d’osmose semi-perméable. Une membrane semi-perméable est une membrane qui permet à certains atomes ou molécules de passer mais pas à d’autres. Dans le cas de l’osmose inverse, la membrane  permet le passage des molécules d’eau mais pas de la majorité des sels dissous, des substances organiques, des bactéries et des pyrogènes. C’est une technologie à haute efficacité souvent utilisée pour éliminer la majorité des contaminants présents dans l’eau.

Au cours de l’opération, le niveau de pression dépend de la concentration en sel de l’eau d’alimentation. Plus l’eau d’alimentation est concentrée, plus il faut de pression pour surmonter la pression osmotique. Autrement dit, l’eau d’alimentation est pompée dans un système d’osmose inverse et finalement deux types d’eau sortent du système : une eau bonifiée et une mauvaise eau. La meilleure eau sortie du système d’osmose inverse a été débarrassée de la majorité des contaminants, et la mauvaise eau est celle qui renferme tous les contaminants qui n’ont pas pu franchir la membrane du dispositif.

L’osmose inverse est capable d’éliminer plus de 99% des sels dissous, particules, produits organiques, et bactéries de l’eau d’alimentation. Une membrane OI rejette les contaminants en fonction de leur taille et de leur charge. Tout contaminant dont le poids molaire est supérieur à 200 est virtuellement rejeté par un système d’OI fonctionnant correctement. De même, plus la charge ionique du contaminant est importante, plus il est probable qu’il ne pourra pas passer à travers la membrane de l’osmose inverse. Cette technique est très efficace pour traiter les eaux de surface, les eaux souterraines ou les eaux saumâtres, même si son application est à petite ou à grande échelle.

Qualité des eaux, maintenance et réglementations

Tests réguliers de la qualité de l’eau

Après la récupération et le traitement de l’eau de pluie, il faut s’assurer de la qualité finale de l’eau. Il en va de la sécurité sanitaire des utilisateurs.

Il existe des méthodes faciles à réaliser soi-même pour vérifier la potabilité de l’eau. On peut citer entre autres :

Les bandelettes test (la technique la plus simple)

Ce test consiste à utiliser de petites bandes dont la couleur change au contact du liquide. Ces bandelettes sont à usage unique et indiquent la concentration de l’eau et son niveau de potabilité.

Pour leur application, il suffit de les tremper dans l’eau en question. Puis, remuer légèrement pour déclencher une réaction. Il faudra attendre quelques minutes et observer la couleur obtenue.

La couleur obtenue sera comparée à une palette colorimétrique qui correspond aux propriétés des liquides. Cette méthode d’analyse est souvent adoptée pour sa facilité d’usage et la rapidité de son résultat, même si d’autres techniques permettent d’avoir des résultats plus précis.

Les photomètres numériques à usage professionnel

La mise en évidence de la qualité de l’eau se fait aussi par le biais d’appareils de plus en plus sophistiqués. Il existe des photomètres portatifs, semblables aux dispositifs qu’on trouve en laboratoire, et qui permettent aux particuliers de tester eux-mêmes la qualité de leur eau.

La photométrie est utilisée dans le cadre de grands travaux qui nécessitent de tester l’eau du terrain ou d’un grand réservoir. Les appareils restent toutefois un peu difficiles à utiliser. Pour une première utilisation, il est conseillé d’être assisté par un professionnel et bien évidemment, de lire et d’appliquer le mode d’emploi.

Maintenance des systèmes

Pour assurer et pérenniser les performances d’un dispositif d’alimentation et de traitement d’eau, il faut opter pour la mise en place d’un mécanisme d’entretien et de maintenance régulière.

Après quelques temps, il est possible et naturel que les débris s’accumulent dans le réservoir d’eau de récupération des eaux de pluie. Pour nettoyer et entretenir une cuve ou une citerne de stockage, il est conseillé d’attendre une période sèche. C’est à ce moment-là que l’eau sera au niveau le plus bas, il faudra alors pomper la réserve d’eau de pluie pour ensuite nettoyer les parois.

L’entretien régulier des installations favorise le bon fonctionnement du système de traitement d’eau aux performances souhaitées. La maintenance comprend la vérification de l’usure, le nettoyage des différents éléments par javellisation, le remplacement des filtres et de chacune des pièces ou leur réparation dans la mesure du possible.

Colecteur deaux pluviales

Conformité aux réglementations locales

Avant toute récupération et usage des eaux de pluie sur le territoire d’un pays, il est important de vérifier ce que les textes disent en la matière.

Jusqu’à récemment, les usages domestiques de l’eau de pluie étaient prohibés ou non reconnus dans les textes législatifs. Mais, vers la fin de la décennie 2000, notamment entre 2006 et 2008, de nouvelles réglementations émergent pour encadrer l’usage des eaux de pluie.

Par exemple en France, l’arrêté du 21 août 2008, relatif aux usages extérieurs et intérieurs des eaux de pluie, encourage l’utilisation des eaux de pluie récupérées pour les toilettes et le lavage du sol, et sous conditions pour le lave-linge.

Aussi, la politique de l’eau en France est fondée sur quatre grandes lois et encadrée par la directive-cadre européenne sur l’eau. Cette réglementation liée à l’usage des eaux de pluie fixe les conditions d’une bonne eau vers laquelle doivent tendre les pays membres. Le règlement 2020/741 du Parlement européen et du Conseil relatif aux exigences minimales applicables à la réutilisation de l’eau vise à faciliter et à encourager la pratique de réutilisation de l’eau à des fins d’irrigation dans le secteur agricole, et d’autres secteurs vulnérables aux changements climatiques afin de propulser la durabilité et la résilience du système alimentaire de l’union européenne en protégeant la santé publique et l’environnement.

Au cas où une maison utilise un double réseau d’approvisionnement avec un seul système d’alimentation, la norme européenne EN 1717 s’applique. Elle oblige à assurer la déconnexion des réseaux d’eau de pluie et du réseau d’eau potable pour éviter les retours d’eau impropre dans le réseau collectif. Le propriétaire doit assurer un suivi de son réseau, consigner ce suivi dans un cahier et déclarer les volumes consommés en mairie pour facturation le cas échéant.

La loi Grenelle 2 du 12 juillet 2010 confirme ces dispositions et, par son article 164, élargit la possibilité d’utiliser de l’eau de pluie pour usages intérieurs aux établissements recevant du public, sauf établissements et cabinets médicaux, crèches et écoles.

Par ailleurs, les usages professionnels et industriels de l’eau de pluie sont autorisés s’ils n’impliquent pas l’emploi d’eau destinée à la consommation humaine. En ajoutant à ce corpus réglementaire la norme NF P 16-005 qui est entrée en vigueur le 14 octobre 2011, on peut considérer que le référentiel juridique existant à ce jour est en mesure de fournir aux usagers et aux professionnels des consignes techniques stabilisées pour l’usage d’eau de pluie.

Secteurs d’application de la récupération des eaux de pluie

L’eau de pluie récupérée et traitée trouve des applications dans de nombreux secteurs d’activité, de l’usage domestique aux travaux agricoles, en passant par les industries.

Dans les ménages, elle est utilisée pour l’arrosage des espaces verts, le lavage des véhicules, ou comme eau de chasse dans les toilettes.

Dans d’autres contextes, après un traitement adéquat et sécurisé, l’eau de pluie peut également servir pour la douche, la piscine, la lessive, ou encore pour la consommation humaine.

En agriculture, elle est utilisée pour irriguer les champs de plantation.

L’utilisation variée de l’eau de pluie permet de réduire la dépendance aux sources d’eau traditionnelles, souvent soumises à des contraintes économiques et de disponibilité, notamment dans les territoires qui subissent des sécheresses à répétition et une baisse dramatique des niveaux des nappes phréatiques.

Systeme stockage et preservation eaux pluiviales

Impact environnemental lié à l’usage des eaux de pluie

L’installation d’un système de récupération et de traitement des eaux de pluie pour un usage personnel, collectif ou professionnel est indéniablement un moyen d’adaptation au changement climatique. Elle s’inscrit non seulement dans une démarche écologique (réduction du ruissellement urbain, et des inondations), mais aussi économique dont l’objectif est  de réduire considérablement la consommation d’eau potable.

La récupération des eaux de pluie s’inscrit dans une démarche écologique, contribuant à la réduction de la consommation d’eau potable et à la diminution du ruissellement urbain, facteur de pollution et d’érosion. Néanmoins, il est crucial de se conformer aux réglementations locales, qui varient selon les régions et les pays, en matière de collecte et d’utilisation des eaux de pluie. Ces réglementations visent à garantir la sécurité et la salubrité de l’eau, tout en encadrant son utilisation de manière responsable.

La mise en place d’un système de récupération des eaux de pluie favorise la continuité du fonctionnement de certaines installations. Prenons l’exemple d’un champ de production agricole. En cas de sécheresse ce secteur souffre énormément et utiliser l’eau potable pour irriguer le champ reviendra extrêmement cher. L’agriculteur peut anticiper cette crise en installant sur les bâtiments agricoles (hangars…) des systèmes de collecte d’eau pendant la saison pluvieuse. L’eau ainsi récoltée permettra d’arroser les champs et d’abreuver les animaux. A cet égard, la récupération et le traitement des eaux de pluie sont de véritables alternatives dans un contexte de dérèglement du climat.

Conclusion : vers une gestion durable de l’eau

En définitive, la récupération et le traitement des eaux de pluie représentent des solutions prometteuses face aux nouveaux défis environnementaux et de gestion rationnelle des ressources en eau. Elles offrent une alternative fiable du point de vue écologique et moins coûteuse du point de vue économique, permettant ainsi de réduire la pression sur les ressources en eau douce et d’apporter une réponse adaptée aux besoins spécifiques des communautés et des écosystèmes.

Intégrer ces systèmes dans une politique globale de gestion de l’eau s’avère essentiel pour répondre à la demande en eau d’une part, et d’autre part maîtriser une fois pour toutes les effets néfastes du changement climatique sur l’eau.

Filtrage eaux pluiviales

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